« Quand le vent me souffle dans les cheveux, je voudrais bien le suivre, le laisser m’emporter. Tout le temps je veux le vent. Mais je n’ai pas le droit de voler. »
La vie, c’est bien rangé. À la maison, l’école, tout est organisé. C’est simple, c’est rassurant… mais c’est tout enfermé ! Un petit récit plein de souffle à la poursuite de la liberté.
Extrait : « – Et si on formait une amicale ?
– C’est quoi, une akimale ? demande Alan.
– Une A-MI-CA-LE, je répète patiemment. C’est comme un club, un groupe d’amis qui se retrouvent.
– Mais… s’écrient-ils tous en choeur en me regardant, stupéfaits.
– Mais quoi ?
– Nous, on n’a pas d’amis !!!
– Pas grave, je réponds. On sera une amicale de… de… sans-amis ! »
« – Dis-nous donc où tu pars en vacances. Nulle part !!! Voilà la réponse… Mais il est hors de question que Gigi avoue son infortune devant toute la classe. Plutôt mourir ! Plutôt mentir… Rapidement, ses yeux font le tour de la salle à la recherche d’une idée. Du regard elle survole la carte de l’Europe, les photos de volcans, les frises chronologiques, les hiéroglyphes… s’arrête net, et lâche en bafouillant : – Je… vais… vais… vais… en… Égypte ! »
« Le premier jour du CP, en faisant l’appel, la maîtresse a eu les yeux qui lui sortaient de la tête. Elle a respiré un grand coup, a pris son élan et s’est appliquée à prononcer chaque lettre en articulant exagérément : « Ve-lo-de-ji-mi-ere-ts ». Ça faisait débile, et en plus, c’est même pas comme ça qu’on dit ! Puis elle a relevé la tête avec un sourire dégoulinant de fausse gentillesse et m’a sussuré d’un ton mielleux :
-Quel prénom, euh… original. C’est de quelle origine ?
J’ai rougi et chuchoté :
-Polonais.
Nemo s’est retourné et j’ai pensé : « Oh non ! À tous les coups, il va me traiter de « poney » et se mettre à hennir ! »
Je demande de nouveau à ma sœur la permission de sortir, mais elle refuse.
‒ Pourquoi ? je m’écrie, outrée de tant d’injustice. Tu m’avais promis !
‒ Ce n’est pas prudent, m’explique-t-elle en regardant par la vitrine d’un air soucieux.
‒ Mais d’habitude…
‒ J’ai une idée, m’interrompt-elle en se levant. Si on faisait des beignets pour le dîner ?
Elle ne croit quand même pas qu’elle va m’amadouer aussi facilement et que je vais lui
pardonner ? Pendant qu’elle se dirige vers la cuisine, je décide de bouder un peu. Ça lui
apprendra ! J’ouvre un tiroir et saisis délicatement entre mes doigts un des jolis boutons
blancs à cœur jaune que je viens de ranger. C’est un bouton-marguerite… C’est un bouton-
moi !
Soudain, je sursaute. C’est quoi, ces bruits qui proviennent de la rue jusque-là
silencieuse ? On dirait des gens qui crient, on dirait des gens qui courent, on dirait des gens
en colère ! Tout à coup, notre boutique s’illumine comme si elle était en feu et…
… GLING ! GLING ! GLING ! La vitrine vole en éclats tandis que des morceaux de verre
brisé partent dans toutes les directions.
Comme du cristal dans la nuit…